L'espoir au fond du gouffre (French Edition)
Book Details
Author(s)Guichard Derac
PublisherEditions Lipcaliss
ISBN / ASINB00DNIVTWE
ISBN-13978B00DNIVTW2
Sales Rank2,305,239
MarketplaceUnited States 🇺🇸
Description
"Je suis une artiste des temps modernes ; allant sans fard jusqu’au bout de mes images consacrées à la véritable nature humaine, brutale, haineuse, implacable, livrée à elle-même."
Patricia Durieux est une journaliste Française au journal Le Monde. Son ambition dévorante l'a constamment poussée à couvrir la majorité des conflits mondiaux. Un jour se présente à elle l'occasion de révéler un massacre innommable perpétré en Haïti, et d'être ainsi adulée et internationalement reconnue comme grand reporter. Mais face à sa détermination farouche, se dresse un monde hostile, violent et sanglant, où des individus sont prêts aux pires bassesses pour conserver leurs privilèges et enfoncer davantage la vérité dans les ténèbres.
Guichard DERAC nous livre un roman intriguant et bouleversant. On y retrouve son talent à décrire l'immédiateté des émotions, les douleurs dévastatrices, la violence des sentiments, la psychologie approfondie des personnages. Dans cette quête effrénée à la vérité, il jongle avec les mots pour nous façonner à nouveau une œuvre atypique et inoubliable.
Extraits :
1) Bien entendu, après avoir mis notre éthique et notre crédibilité de côté, la rédaction avait d’abord pensé au sexe. Elle y a renoncé, car c’est devenu un sujet peu vendeur. Il faut dire qu’il a été copieusement épuisé et banalisé par Internet, les films et les magazines pornographiques. Pas la violence. Sujet inépuisable. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été étalée dans tous les registres, sur la toile, à la télé et au cinéma. Cependant, la particularité de la violence, comparée au sexe, consiste en ses innombrables combinaisons. Le sexe, on en fait vite le tour, en seulement quatre étapes : le besoin de se détendre, de s’emboîter, de jouir et de se
sentir moins mortel l’espace d’un orgasme. On peut toujours dire que c’est mieux que l’amour qui, lui, se résume en trois phases : la nécessité d’aimer, d’être aimé et de fuir la solitude. C’est compréhensible que, pour
certains, ces schémas invariables deviennent vite lassants. Tout est prévu. C’est inébranlable. C’est établi comme ça. On s’en sert sans se poser de questions. Mais la violence, elle, n’est pas acquise. Elle n’est pas établie
par nature. Elle se façonne, prend de l’ampleur, se donne une suprématie forgée dans les scénarios les plus sophistiqués, les plus carnassiers de l’âme humaine. Face à de telles sophistications meurtrières, il faut forcément des porte-parole, capables de tout rapporter dans les moindres détails, sans une once de tiédeur, de pathos, de phrases vaines. Moi, je suis une de ces porte-parole. Une spécialiste au savoir-faire indéniable. C’est pour cette raison que Le Monde mise sur moi, sur mon professionnalisme aguerri. Avec mes photos et mes analyses concises qui ne sombrent jamais dans l’apitoiement et le sentimentalisme, je brode la violence, en fais du cousu main, l’exhibe de manière littérale. Dorénavant, entre mes doigts, elle ressemble à une culture nouvelle. Un renouveau qui ne s’épuisera pas de sitôt. Le public adore. Je vais dans son sens. Mes
images les plus crues se parent d’immunités tant elles
ressemblent à des peintures épiques, des œuvres dramatiques...
2) "Le Monde, mon journal, a le budget nécessaire pour ce genre d’accommodements. Il ne lésine pas. Le patron est clair là -dessus. Et ses paroles ont la verve des injonctions à se dépasser. Elles m’aiguillonnent. Je m’en fais un credo, les récite, parfois, pour que ma détermination reste
intacte : "Il faut des images à tout prix. Le prix n’est pas important, tant que ça scandalise ou attire simplement l’attention du public. S’il vous arrive d’avoir un cas de conscience, ayez toujours en tête que nous ne sommes pas là pour faire un choix cornélien entre le fait d’informer sur un sujet et des images qui peuvent exhorter les plus vulnérables à se vautrer dans la facilité du mimétisme."
Patricia Durieux est une journaliste Française au journal Le Monde. Son ambition dévorante l'a constamment poussée à couvrir la majorité des conflits mondiaux. Un jour se présente à elle l'occasion de révéler un massacre innommable perpétré en Haïti, et d'être ainsi adulée et internationalement reconnue comme grand reporter. Mais face à sa détermination farouche, se dresse un monde hostile, violent et sanglant, où des individus sont prêts aux pires bassesses pour conserver leurs privilèges et enfoncer davantage la vérité dans les ténèbres.
Guichard DERAC nous livre un roman intriguant et bouleversant. On y retrouve son talent à décrire l'immédiateté des émotions, les douleurs dévastatrices, la violence des sentiments, la psychologie approfondie des personnages. Dans cette quête effrénée à la vérité, il jongle avec les mots pour nous façonner à nouveau une œuvre atypique et inoubliable.
Extraits :
1) Bien entendu, après avoir mis notre éthique et notre crédibilité de côté, la rédaction avait d’abord pensé au sexe. Elle y a renoncé, car c’est devenu un sujet peu vendeur. Il faut dire qu’il a été copieusement épuisé et banalisé par Internet, les films et les magazines pornographiques. Pas la violence. Sujet inépuisable. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir été étalée dans tous les registres, sur la toile, à la télé et au cinéma. Cependant, la particularité de la violence, comparée au sexe, consiste en ses innombrables combinaisons. Le sexe, on en fait vite le tour, en seulement quatre étapes : le besoin de se détendre, de s’emboîter, de jouir et de se
sentir moins mortel l’espace d’un orgasme. On peut toujours dire que c’est mieux que l’amour qui, lui, se résume en trois phases : la nécessité d’aimer, d’être aimé et de fuir la solitude. C’est compréhensible que, pour
certains, ces schémas invariables deviennent vite lassants. Tout est prévu. C’est inébranlable. C’est établi comme ça. On s’en sert sans se poser de questions. Mais la violence, elle, n’est pas acquise. Elle n’est pas établie
par nature. Elle se façonne, prend de l’ampleur, se donne une suprématie forgée dans les scénarios les plus sophistiqués, les plus carnassiers de l’âme humaine. Face à de telles sophistications meurtrières, il faut forcément des porte-parole, capables de tout rapporter dans les moindres détails, sans une once de tiédeur, de pathos, de phrases vaines. Moi, je suis une de ces porte-parole. Une spécialiste au savoir-faire indéniable. C’est pour cette raison que Le Monde mise sur moi, sur mon professionnalisme aguerri. Avec mes photos et mes analyses concises qui ne sombrent jamais dans l’apitoiement et le sentimentalisme, je brode la violence, en fais du cousu main, l’exhibe de manière littérale. Dorénavant, entre mes doigts, elle ressemble à une culture nouvelle. Un renouveau qui ne s’épuisera pas de sitôt. Le public adore. Je vais dans son sens. Mes
images les plus crues se parent d’immunités tant elles
ressemblent à des peintures épiques, des œuvres dramatiques...
2) "Le Monde, mon journal, a le budget nécessaire pour ce genre d’accommodements. Il ne lésine pas. Le patron est clair là -dessus. Et ses paroles ont la verve des injonctions à se dépasser. Elles m’aiguillonnent. Je m’en fais un credo, les récite, parfois, pour que ma détermination reste
intacte : "Il faut des images à tout prix. Le prix n’est pas important, tant que ça scandalise ou attire simplement l’attention du public. S’il vous arrive d’avoir un cas de conscience, ayez toujours en tête que nous ne sommes pas là pour faire un choix cornélien entre le fait d’informer sur un sujet et des images qui peuvent exhorter les plus vulnérables à se vautrer dans la facilité du mimétisme."
