SIGNES DE L'ESPRIT NOUVEAU DANS LE PARLEMENT (French Edition)
Book Details
Author(s)edouard ALLETZ
ISBN / ASINB00I7YVO24
ISBN-13978B00I7YVO25
Sales Rank99,999,999
MarketplaceUnited States 🇺🇸
Description
Ce livre comporte une table des matières dynamique, à été relu et corrigé.
Il est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique ou kindle.
extrait:Ce qu’on appelle l’esprit d’une époque n’est qu’une certaine harmonie entre les lois, les coutumes et l’opinion. Être de son temps, c’est apercevoir cet ensemble et y conformer son jugement et sa conduite. Mais après les révolutions qui changent les lois à leur source, cette chaîne se rompt ; la politique courante est détournée de son lit ; les mœurs contredisent les lois, et la nouvelle constitution d’État a un sens caché, comme un oracle dont peu d’initiés ont le secret. Alors tout un peuple ne se retrouve qu’à peine dans ses propres institutions : on dirait un essaim de colons sur un rivage habité avant d’être connu. Le malheur est que, dans un tel pays, les hommes qui manient les affaires sont d’un âge trop mûr pour changer de maximes : aussi une nation placée en de pareilles conjonctures éprouvera-t-elle un funeste malaise jusqu’à ce que la chose publique tombe aux mains des hommes qui, lors de la dernière révolution, étaient assez jeunes pour n’avoir rien eu à oublier. Du reste, il est certains politiques qui ont le tort d’aimer assez le passé pour être plus vieux que leur âge. Ils s’entêteront pour des choses mortes qui leur paraissent subsister encore parce qu’elles leur plaisent. Une tradition de famille, une étude favorite ou glorieuse, une pente d’esprit ou de passion suffisent pour donner à leurs souvenirs la fraîcheur et l’énergie de la réalité. Qu’on mette le pouvoir entre leurs mains, ils copieront une politique qu’ils admirent, joueront le personnage d’un grand homme qui n’est plus, et exhumeront, pour les vivants, des lois qu’avaient emportées les morts.
C’est ce que nous voyons en France, où les idées impérialistes dérobent à certaines intelligences la fuite du temps. Personne ne respecte plus que moi ces nobles débris de l’Empire qui, restes illustres de cent victoires, ont le droit de dire :
« ……Quorum pars magna fui. »
Il est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique ou kindle.
extrait:Ce qu’on appelle l’esprit d’une époque n’est qu’une certaine harmonie entre les lois, les coutumes et l’opinion. Être de son temps, c’est apercevoir cet ensemble et y conformer son jugement et sa conduite. Mais après les révolutions qui changent les lois à leur source, cette chaîne se rompt ; la politique courante est détournée de son lit ; les mœurs contredisent les lois, et la nouvelle constitution d’État a un sens caché, comme un oracle dont peu d’initiés ont le secret. Alors tout un peuple ne se retrouve qu’à peine dans ses propres institutions : on dirait un essaim de colons sur un rivage habité avant d’être connu. Le malheur est que, dans un tel pays, les hommes qui manient les affaires sont d’un âge trop mûr pour changer de maximes : aussi une nation placée en de pareilles conjonctures éprouvera-t-elle un funeste malaise jusqu’à ce que la chose publique tombe aux mains des hommes qui, lors de la dernière révolution, étaient assez jeunes pour n’avoir rien eu à oublier. Du reste, il est certains politiques qui ont le tort d’aimer assez le passé pour être plus vieux que leur âge. Ils s’entêteront pour des choses mortes qui leur paraissent subsister encore parce qu’elles leur plaisent. Une tradition de famille, une étude favorite ou glorieuse, une pente d’esprit ou de passion suffisent pour donner à leurs souvenirs la fraîcheur et l’énergie de la réalité. Qu’on mette le pouvoir entre leurs mains, ils copieront une politique qu’ils admirent, joueront le personnage d’un grand homme qui n’est plus, et exhumeront, pour les vivants, des lois qu’avaient emportées les morts.
C’est ce que nous voyons en France, où les idées impérialistes dérobent à certaines intelligences la fuite du temps. Personne ne respecte plus que moi ces nobles débris de l’Empire qui, restes illustres de cent victoires, ont le droit de dire :
« ……Quorum pars magna fui. »
