Robespierre et la Mere de Dieu (French Edition)
Book Details
Author(s)Gaston Lenotre
ISBN / ASINB00WZKGK2K
ISBN-13978B00WZKGK26
Sales Rank99,999,999
MarketplaceUnited States 🇺🇸
Description
Ce livre est parfaitement mis en page pour une lecture sur Kindle,
une table des matières interactive vous permettra de naviguer facilement.
Extrait : La tignasse déchevelée et tombante, le nez évasé, la bouche mince, le regard assuré d’un contremaître vigilant, fier de son métier, et qui, pour s’offrir au crayon du portraitiste, loin de passer son bel habit et sa chemise des dimanches, a gardé sa veste fripée, ouverte sur une cravate commune, nouée en bouffante : tel un dessin de l’an II nous montre le menuisier Duplay, qui approchait alors de la soixantaine. Venu jeune à Paris de son Gévaudan natal, marié vers 1765 à une honnête fille de Créteil, près de Charenton, Marie-Françoise Vaugeois, un peu plus âgée que lui, à la vérité, mais issue de trois générations de menuisiers, Duplay avait gagné l’aisance par trente années d’ordre et de labeur irréprochable. De son mariage étaient nés cinq enfants, dont quatre filles ; le garçon, prénommé Maurice, comme son père, commençait, en 1790, ses études au collège d’Harcourt. Duplay avait, en outre, recueilli les deux orphelins de son frère, Jacques et Simon, qu’il employait comme ouvriers.
Tout ce petit monde marchait à la baguette : le menuisier, très brave homme, affectait la sévérité d’un père du répertoire ; sa femme, – le modèle des ménagères, – connaissait la valeur du temps et ne tolérait pas qu’on le gaspillât ; ses quatre demoiselles, bien élevées chez les religieuses de la Conception, étaient dressées aux soins domestiques : elles apparaissent, dans le mémorial de famille, épluchant les légumes, préparant les repas, lessivant et repassant le linge ; il semble bien qu’elles n’étaient assistées, dans ces occupations, par aucune servante ; mais une ouvrière à la journée, Françoise Calandot, venait de temps à autre, de Choisy-le-Roi, pour « raccommoder ». C’est à Choisy que s’étaient fixés depuis longtemps tous les parents de madame Duplay, attirés là par les grands travaux entrepris sous Louis XV au château royal. Son père, le menuisier de Créteil, y était mort ; son frère, Jean-Pierre Vaugeois, menuisier comme tous ses ancêtres, s’y était installé en 1749 ; sa sœur Marie-Louise y avait épousé le fermier du bac de la Seine, emploi lucratif et considéré.
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Extrait : La tignasse déchevelée et tombante, le nez évasé, la bouche mince, le regard assuré d’un contremaître vigilant, fier de son métier, et qui, pour s’offrir au crayon du portraitiste, loin de passer son bel habit et sa chemise des dimanches, a gardé sa veste fripée, ouverte sur une cravate commune, nouée en bouffante : tel un dessin de l’an II nous montre le menuisier Duplay, qui approchait alors de la soixantaine. Venu jeune à Paris de son Gévaudan natal, marié vers 1765 à une honnête fille de Créteil, près de Charenton, Marie-Françoise Vaugeois, un peu plus âgée que lui, à la vérité, mais issue de trois générations de menuisiers, Duplay avait gagné l’aisance par trente années d’ordre et de labeur irréprochable. De son mariage étaient nés cinq enfants, dont quatre filles ; le garçon, prénommé Maurice, comme son père, commençait, en 1790, ses études au collège d’Harcourt. Duplay avait, en outre, recueilli les deux orphelins de son frère, Jacques et Simon, qu’il employait comme ouvriers.
Tout ce petit monde marchait à la baguette : le menuisier, très brave homme, affectait la sévérité d’un père du répertoire ; sa femme, – le modèle des ménagères, – connaissait la valeur du temps et ne tolérait pas qu’on le gaspillât ; ses quatre demoiselles, bien élevées chez les religieuses de la Conception, étaient dressées aux soins domestiques : elles apparaissent, dans le mémorial de famille, épluchant les légumes, préparant les repas, lessivant et repassant le linge ; il semble bien qu’elles n’étaient assistées, dans ces occupations, par aucune servante ; mais une ouvrière à la journée, Françoise Calandot, venait de temps à autre, de Choisy-le-Roi, pour « raccommoder ». C’est à Choisy que s’étaient fixés depuis longtemps tous les parents de madame Duplay, attirés là par les grands travaux entrepris sous Louis XV au château royal. Son père, le menuisier de Créteil, y était mort ; son frère, Jean-Pierre Vaugeois, menuisier comme tous ses ancêtres, s’y était installé en 1749 ; sa sœur Marie-Louise y avait épousé le fermier du bac de la Seine, emploi lucratif et considéré.







