Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix (1798 - 1863) est un peintre majeur du romantisme en peinture, mouvement arrivé en France au début du XIXe siècle.
Débuté en 1822, interrompu en 1824, repris en 1847 jusqu'en 1863 à sa mort, le journal intime de Delacroix est le chef-d'œuvre littéraire du peintre. Il y note ses réflexions sur la peinture, la poésie ou la musique. Il y consigne ses discussions avec George Sand (avec qui il a une amitié amoureuse), la baronne Joséphine de Forget (dont il est l'amant pendant une vingtaine d'années), Chopin, Chabrier… C'est un témoignage au jour le jour non seulement sur la vie du peintre, de ses inquiétudes, de sa mélancolie (qu'il évite de montrer à ses proches, excepté à sa gouvernante et confidente Jenny Le Guillou, Delacroix n'ayant jamais été marié), mais aussi de la vie parisienne au milieu du XIXe siècle.
Extrait :
Bruxelles, samedi 6 juillet. — Parti pour Bruxelles avec Jenny, à huit heures, et nous étions arrivés à cinq heures moins un quart. Cela tente vraiment pour voyager.
Mauvaise installation dans l’auberge, qui me donne de l’humeur.
Promenade, le soir, au Parc qui me paraît d’une tristesse extrême.
Je remarque en une foule de choses le manque de goût de ce pays-ci, et quand on compare, j’ose le dire, tous les pays avec la France, on éprouve le même sentiment. Il y a dans ce parc, entre autres ornements, des figures terminées par des gaines qui entourent le bassin. C’était dans les intervalles qu’il les fallait ! La manière inégale avec laquelle les arbres s’élancent, les rend gauches et de travers. Elles sont là comme par hasard. On voit là des statues dont les piédestaux ont un pied de hauteur ; on peut converser avec ces héros et ces demi-dieux, et les statues sont ordinairement plus grandes que nature ; elles sont disproportionnées, l’agrandissement, dans ce cas, n’étant calculé qu’à cause de la distance présumée où le piédestal doit placer la figure.
Bruxelles, dimanche 7 juillet. — Le matin à Sainte-Gudule.
Magnifiques vitraux du seizième siècle. Charles V à genoux sous une espèce de portique qui laisse voir le ciel dans le fond ; sa femme derrière lui ; lignes comme celles de la Vierge, etc., du plus beau style italien. La composition occupe toute la hauteur de la fenêtre qui estime des deux de la croix de l’église. Celle d’en face, même composition, plus remarquable encore par le style ; c’est aussi une figure d’empereur. Les arabesques, les figures qui s’y trouvent mêlées sont incomparables. Il y a encore trois ou quatre fenêtres du même style dans les fenêtres qui entourent le chœur ; dans l’une d’elles François Ier à genoux, ainsi que l’empereur et sa femme derrière lui. Ils ont tous, rois ou empereurs, la couronne en tête ; leur armure dorée pour la plupart avec le tabar armorié jusqu’au-dessus du genou ; ainsi les fleurs de lis sont azur, etc., le manteau royal aussi...
Journal (French Edition)
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Book Details
Author(s)Eugène Delacroix
ISBN / ASINB00INAAVVM
ISBN-13978B00INAAVV2
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MarketplaceUnited States 🇺🇸