de La Religion Consideree Dans Ses Rapports Avec L'Ordre Public Et Civil (French Edition)
Book Details
PublisherBooks LLC, Classics Series
ISBN / ASIN1232559296
ISBN-139781232559290
MarketplaceFrance 🇫🇷
Description
Extrait: Nous n'ignorons pas que cet écrit, dicté par une conviction profonde, choquera beaucoup d'opinions, à une époque où tant d'hommes ont un tact si fin sur ce qu'il est à propos de penser. Mais cette considération n'a pas dû nous empêcher de dire ce que nous croyons vrai. On n'est point obligé de plaire, et ce n'est pas une des conditions que la charte a mise au droit de publier ses opinions ; droit dont nous userons sans autre désir que celui d'être utile, sans autre espérance que de recueillir force injures et calomnies. Personne n'est plus soumis que nous aux lois du pays où nous vivons ; nous le serions de même à Constantinople, nous l'eussions été de même à Rome, sous la république comme sous les empereurs, et par les mêmes motifs, et dans la même mesure. Une fausse liberté ne nous séduit pas, et nous sentons en nous quelque chose qui nous met à l'abri de la servitude. Le christianisme a pour toujours délivré l'homme du joug de l'homme, et il n'est pas un chrétien qui ne puisse et ne doive, en obéissant, selon le précepte de l'apôtre, répéter ces belles paroles que l'auteur de l'Apologétique adressoit aux magistrats romains : « Je reconnois dans le chef de l'empire mon souverain, pourvu qu'il ne prétende pas que je le reconnoisse pour mon dieu : car du reste je suis libre. Je n'ai d'autre maître que le Dieu tout-puissant, éternel, qui est aussi le sien. » Que si, examinant quelques unes des lois qui nous régissent, nous les avons jugées défectueuses à plusieurs égards, elles nous autorisent elles-mêmes à émettre le jugement que nous en portons. On ne nous contestera pas sans doute un privilège qu'on ne cesse, quel qu'il soit, de vanter avec tant d'emphase. De semblables discussions, sincères, graves, sur un sujet qui occupe tous les esprits, ne sauroient être interdites que par un despotisme timidement soupçonneux, et, dans ses vagues inquiétudes, esclave de sa propre tyrannie. Mais le génie du mal, tremblant pour ses œuvres, a su trouver une autre ruse, et se fai
