Églantine (French Edition)
Book Details
Author(s)Jean Giraudoux
ISBN / ASINB00WYL5WJC
ISBN-13978B00WYL5WJ7
MarketplaceFrance 🇫🇷
Description
Résumé :
Églantine, c'est son droit, aime les hommes mûrs. Entre l'aristocrate Fontranges qui, d'une transfusion, lui a secrètement donné son sang, et le riche financier Moïse qui veut la couvrir d'émeraudes et de rubis, son cœur balance. Elle marivaude entre l'Orient et l'Occident. Une histoire un peu perverse de la plume de Jean Giraudoux (1882-1944) qui fut publiée pour la première fois en 1927.
Extrait :
"Elle entrait, pour la première fois doucement, pour la première fois curieusement, dans cette chambre qu’elle connaissait par cœur. C’était Églantine, la sœur de lait de Bella et de Bellita, de cinq ans leur cadette, et qui avait quitté depuis quelques jours la pension de Charlieu. Rassurée par le faux sommeil de Fontranges, le déjeuner posé sur la table, elle reculait le moment de tirer les rideaux, elle flânait. Fontranges l’entendit toucher les objets sur la commode, ceux des objets qui ressemblaient le plus à des pièges tendus aux portraits. À leur son contre le marbre, il devinait si c’était le cadre d’or ou d’argent, si c’était Bella ou Jacques. Lequel pouvait-elle ainsi embrasser ? Puis, sans qu’il eût perçu aucun bruit de pas, et comme si elle avait sauté d’un meuble à l’autre, Églantine toucha sur le meuble d’appui les lorgnettes du duc d’Angoulême, elle les mit à sa vue, à sa vue dans l’ombre. Puis, se rapprochant, elle ajusta sur la chaise le veston, le gilet, de ces caresses et de ces chiquenaudes dont l’épouse prépare l’époux qui va sortir. Elle poussa même assez loin cette répétition. Elle essaya le bouton à bascule, le bouton à chaînette. C’était la Psyché des cravates, des plastrons. Tous les bruits que la jeunesse pouvait provoquer, déchaîner dans cette chambre, Fontranges les entendit, dans une tendre gradation de génitifs, le claquement du poignard arabe qu’on remet au fourreau, la pluie des perles de l’abat-jour, le bruit du bouchon du carafon de l’eau de fleurs d’oranger. Le jeu, le vent, la gourmandise étaient lâchés dans la chambre sous leur forme la plus implacable, mais la plus souple. Fontranges écoutait le bruit de ses objets familiers autour de ce jeune être."
Une table des matières dynamique permet d'accéder directement aux différents chapitres pour faciliter la lecture de l'ouvrage.
Églantine, c'est son droit, aime les hommes mûrs. Entre l'aristocrate Fontranges qui, d'une transfusion, lui a secrètement donné son sang, et le riche financier Moïse qui veut la couvrir d'émeraudes et de rubis, son cœur balance. Elle marivaude entre l'Orient et l'Occident. Une histoire un peu perverse de la plume de Jean Giraudoux (1882-1944) qui fut publiée pour la première fois en 1927.
Extrait :
"Elle entrait, pour la première fois doucement, pour la première fois curieusement, dans cette chambre qu’elle connaissait par cœur. C’était Églantine, la sœur de lait de Bella et de Bellita, de cinq ans leur cadette, et qui avait quitté depuis quelques jours la pension de Charlieu. Rassurée par le faux sommeil de Fontranges, le déjeuner posé sur la table, elle reculait le moment de tirer les rideaux, elle flânait. Fontranges l’entendit toucher les objets sur la commode, ceux des objets qui ressemblaient le plus à des pièges tendus aux portraits. À leur son contre le marbre, il devinait si c’était le cadre d’or ou d’argent, si c’était Bella ou Jacques. Lequel pouvait-elle ainsi embrasser ? Puis, sans qu’il eût perçu aucun bruit de pas, et comme si elle avait sauté d’un meuble à l’autre, Églantine toucha sur le meuble d’appui les lorgnettes du duc d’Angoulême, elle les mit à sa vue, à sa vue dans l’ombre. Puis, se rapprochant, elle ajusta sur la chaise le veston, le gilet, de ces caresses et de ces chiquenaudes dont l’épouse prépare l’époux qui va sortir. Elle poussa même assez loin cette répétition. Elle essaya le bouton à bascule, le bouton à chaînette. C’était la Psyché des cravates, des plastrons. Tous les bruits que la jeunesse pouvait provoquer, déchaîner dans cette chambre, Fontranges les entendit, dans une tendre gradation de génitifs, le claquement du poignard arabe qu’on remet au fourreau, la pluie des perles de l’abat-jour, le bruit du bouchon du carafon de l’eau de fleurs d’oranger. Le jeu, le vent, la gourmandise étaient lâchés dans la chambre sous leur forme la plus implacable, mais la plus souple. Fontranges écoutait le bruit de ses objets familiers autour de ce jeune être."
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